Lalan Galerie d'art
S’il vous plaît cliquez ici pour voir

De l’univers insaisissable de des débuts, fait de signes calligraphiques et de tonalités sombres, aux cascades de paysages abstraits de la fin de sa vie, en passant par les austères étendues lunaires, les huiles, paravents, aquarelles et rouleaux, les œuvres de Lalan révèlent une sensibilité inspirée et une créative exceptionnelle. Biculturelle, elle étant douée non seulement pour la peinture, mais aussi pour la composition, la danse, la chorégraphie, la mise en scène, l’écriture et la poésie. Peu avant sa mort en 1995, elle travaillait à une réalisation (Danse du Qigong) qui témoigne de la prodigieuse diversité de son talent: filmée sur cassette vidéo, Lalan âgée de 70 ans passée, accomplit une danse à la fois d’influence occidentale et d’inspiration traditionnelle chinoise. Il s’agit d’une succession de mouvements maîtrisés, fluides, élégants, avec une chorégraphie sur fond de musique électronique de sa propre composition, tour à tour résonance intense ou subtil rappel de la présence du son. La scène est délimitée dans l’espace par quatre grands rouleaux être rappels de l’eau, qui se tournent vers l’abstraction pour devenir essence de fluidité, de mouvement, faisant écho à la musique et aux gestes extérieurs de l’artiste ainsi qu’a un monde intérieur plus fugace. C’est sa personnalité qui se révèle dans ses œuvres les plus abouties: une source vive de talent et d’adresse, qualités en partie dissimulées par l’aspect souvent subtilement discret, de prime abord, de son art.

Nommée chevalier sans l’Ordre des arts et des Lettres par le Ministère français de la Culture en 1975, Lalan exposa de nombreuses fois avec succès, et ses tableaux furent acquis, entre autres, par le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris, le fond national d’art contemporain, le Fond régional d’art contemporain, plusieurs centres culturels, la Société des auteurs compositeurs de musique,le Ministère du commerce et de l’industrie, ainsi que par de nombreux galeriste et collectionneurs. Toutefois, elle fut victime de sa propre modestie, son œuvre demeurant largement méconnue. Sa réserve naturelle l’empêcha de s’affirmer auprès du grand public, chose rendue souvent indispensable dans le monde ses arts de la fin du XXe siècle. Lors des fréquents voyages en Chine, elle consacra ses efforts à la promotion des échanges culturels entre la France et la Chine, plutôt que d’essayer de faire connaître son œuvre. En Europe, elle tourna le dos a l’ego exaspéré qu’elle avait observé chez tant d’artistes occidentaux. Lalan était d’une profonde humilité, allant même jusqu’à parler d’un sentiment de ‘honte’, qu’elle considérait comme un trait saillant du tempérament chinois : “nous avons une éducation tellement fermée, cloisonnée, qu’elle nous empêche de nous affirmer’’. En 1980, elle admit : ‘‘en fin de compte, ma carrière ne m’intéresse pas beaucoup. Seul le travail me passionne.”

Sophy Thompson
   
Print